Palm Springs & Joshua Tree – #CalifornianProject [ROADBOOK]

A Palm Springs il fait chaud, très chaud. L’arrivée en ville en fin d’après-midi me donne un petit aperçu de ce que ca peut être en milieu de journée. Alors vendredi soir, dans la piscine, je décide de me lever tôt le lendemain pour aller visiter le désert. Je profite du rythme local que j’ai embrassé depuis mon arrivée en Californie qui me réveille vers 6 am une première fois tous les matins. Il me suffira de ne pas me rendormir. Ca pique quand même un peu en ce samedi matin, mais tant pis pour la grasse mat de 8 am. Debout, à la fraîche, allons profiter du désert avant que le soleil ne l’écrase.

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Low Rider au petit matin

Il est à peine trop tard pour voir le soleil se lever. Ici entre 2 montagnes c’est très plat. Et dans la vallée de Palm Springs il fait déjà finalement chaud pour 7h du matin. Le highway autour de la ville traverse des champs d’éoliennes qui profitent du vent local. Ou qui font le vent local. Je ne sais pas trop mais ca décorne ! Bien tenir le guidon et regarder droit devant soi. Je passe le Canyon de Big Morongo et me voila longeant le Parc National de Joshua Tree. Je vais tout droit jusqu’à la ville du même nom pour entrer dans le parc. Faisons les choses bien ou ne les faisons pas. Il y a 2 routes qui le traversent, une très longue de 80 miles et une autre de 25 miles seulement. Etant donné mon angoisse du chaud, j’imagine aisément que je pourrai tomber en panne d’essence, crever un pneu et finir seule et desséchée sur le bord de la route, mangée par des coyotes. Je prends donc la petite boucle. Aussi parce qu’après 25 miles tu te dis que ca doit quand même être un peu chiant de se taper ce même décor (certes beau mais bon) pendant 55 miles de plus. Et si je dois mourir mangée par des coyotes, j’aimerais ne pas m’être ennuyée juste avant.

Le parc tient son nom des arbustes plus ou moins petits et rabougris que l’on trouve partout dans le parc. Il aurait aussi pu s’appeler Restrooms National Park, vu qu’il y a quasiment autant de chiottes que d’arbres. C’est vraiment un truc qui m’épatent aux USA. Pour moi qui ai envie de pisser toutes les 2 heures, je suis complètement ravie et j’apprécie l’effort de propreté et d’entretien de ces lieux si négligés en France, alors qu’on en a tellement besoin. Il y a aussi des montagnes de cailloux, des sources d’eau et des campings bien cachés, mais ca à l’air moins mémorable… Sortie du parc à 29 Palms, je retourne vers Palm Springs. Si l’air était frais dans le parc, je sens le chaud se réveiller à mesure que je retourne dans la plaine. Je tente d’aller au Aerial Tram (un télécabine) qui permet d’avoir une vue lointaine sur les alentours, 1 heure d’attente. Je suis déjà en train de cramer sur ma belle Harley passée en mode four, je n’ai pas le courage d’attendre et je me dirige vers le centre ville. Il me restait encore quelques inches de courage pour y faire un tour à pied. Mais à 11h30 il était déjà trop tard pour moi. Dans mon jean et mes vans, mon casque et mon cuir à la main, je me jette dans le 1er restaurant qui se met en travers de ma route, j’avale 4 litres d’eau (ou de bière) et je rentre à la piscine (ou la maison).

Pour faire ma maligne sur le retour je roule sans mon cuir. 4 blocs (soit 56 km en langage de Palm Springs (j’ai fait 2 blocs à pied ca m’a pris 45 minutes)), 10 minutes de roulage et j’ai sentie ma peau fondre. J’avais plus chaud à nue qu’avec mon cuir. J’avais plus chaud par le soleil que par la moto. Ce lieu est littéralement un enfer ! Je rentre, je gare la moto, je mets mon maillot, je plonge dans la piscine et enfin je redescends en température. Je chill, je me baigne, je fais 45 selfies pour vous foutre les boules avec les palmiers dans mes lunettes, je me baigne, j’écris 2/3 articles, je me baigne et enfin je vais me coucher en me disant « Oh my god, demain je dois partir aux aurores aussi, imagine cet enfer, la chaleur, la moto avec EN PLUS les bouchons de fous de Los Angeles. Tu vas mourir seule et desséchée sur le bord de la route, mangée par des hobos. » Re-levée à 6 am, paquetage sanglé sur la bécane, je suis super fière d’aller mettre le contact à 7h du matin. Tiens le contact est déjà sur on, tiens l’écran est éteint, TIENS… HOLY SHIT !!! Battery is dead ! La chaleur ayant faire fondre aussi mon cerveau, la veille j’ai oublié de couper le contact, qui, sur la Low Rider, est bien caché sur le coté sous le réservoir. Le désespoir me gagne ainsi que les pensées de moi en train de cuire et d’imploser sur la moto au milieu de L.A. Mais j’ai eu le meilleur host Rbnb du monde entier ! Rick se lève aussi aux aurores, il a eu des motos, a un booster et est adorablement gentil et francophile (il regardait le documentaire sur Macron quand je suis arrivée). En moins d’une heure il a branché sa machine et la batterie était de nouveau fonctionnelle. On a une dernière fois remercié Macron, pleuré sur Trump et je suis partie vers la grande ville par le chemin le plus rapide, sous le ciel gris, en ayant froid et sans croiser ni traverser aucun bouchon.

« Life is a (hun) depending how your treat her. » Kanye West